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« La démocratie est la forme politique de l’humanité » (Tomas Garrigue Masaryk)

Heinrich Mann a été clair dans son discours commémoratif : “Les cent jours du gouvernement d’Eisner ont apporté plus d’idées, plus de joie de raison, plus de stimulation de l’esprit que les cinquante années précédentes.” Il s’agit des années 1918/1919, la révolution de novembre à Munich, dont le chef était Kurt Eisner. Il abolit la monarchie et devint – après la révolution de Munich et l’introduction de la République soviétique – le premier Premier ministre de l’État libre de Bavière. En février 1919, le social-démocrate idéaliste, qui voulait concrétiser les rêves de nombreux poètes célèbres – et avec eux le peuple – de démocratie directe et de justice sociale, qui semblaient soudain devenir une réalité paradisiaque, fut abattu par un jeune nationaliste aristocratique. Eisner avait prévu son assassinat – citation : “… vous ne pouvez me tirer dessus qu’une seule fois.” Et le cortège funèbre de plus de 100 000 personnes lui a donné le respect que le journaliste et écrivain méritait.

En tout cas, la personnalité Kurt Eisner (plutôt inconnue chez nous) est brûlante dans les discussions qui se tiennent cette année avec les jeunes en échange direct de la part des politiciens de ce pays. Cela est particulièrement vrai dans le contexte de ses idées concrètes de démocratie directe et participative, que lui et son gouvernement ont abordées avec crédibilité et engagement. Sa déclaration à cet égard : « Nous ne comprenons pas la démocratie comme signifiant que tous les citoyens exercent le droit de vote et gouvernent le monde à intervalles de quelques années avec de nouveaux ministres et un nouveau parlement. Nous (…) essayons aussi de développer une nouvelle forme de démocratie. Nous voulons la coopération constante de tous les travailleurs de la ville et de la campagne » était au cœur de son programme gouvernemental : la démocratie permanente ! Et c’est à cela que servaient les conseils. Ils devraient être des îlots de coexistence démocratique permanente, qui devraient transmettre leurs décisions directement aux représentants du gouvernement. Eisner, avec prévoyance, voulait des conseils forts, estimant que plus cette institution démocratique primaire était essayée, utilisée et remplie de vie, plus elle deviendrait forte avec le temps. Un parlement élu devrait également travailler en parallèle avec les conseils.

La co-détermination permanente de chacun en tout, tel fut le premier point du règne d’Eisner. Après cela vint la paix, Kurt Eisner – dont les objectifs éthiques au sein de la social-démocratie allemande étaient basés sur Marx et Kant – voyait en Kurt Eisner en particulier la culpabilité de guerre du Kaiser allemand pour la Première Guerre mondiale. Pourtant, une vingtaine d’années plus tard, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les nazis et la Wehrmacht vont encore s’aggraver…

Ne se souvient-on pas de la tentative de prise de pouvoir des poètes, et concrètement des courts moments de l’histoire où tout semblait possible, environ cent ans plus tard, des débats sur la démocratie directe, les conseils citoyens et l’instrument démocratique de base qu’est le référendum ? Les « rêves » d’Eisner d’une démocratie participative efficace ne seraient-ils pas un instrument précieux contre le désenchantement politique et l’opportunisme politique de droite, qui finiront par mettre gravement en danger la démocratie ? Au sens d’une citation tendance de Confucius : « Dis-moi et j’oublierai. Montrez-moi – et je m’en souviendrai. Laissez-moi le faire – et je le garderai.

Et c’est précisément pourquoi la discussion directe et attendue depuis longtemps sur la politique avec les jeunes cette année est très, très précieuse !

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