Avec la hausse des prix de l’énergie, le chauffage collectif est de plus en plus remis en cause – .

Avec la hausse des prix de l’énergie, le chauffage collectif est de plus en plus remis en cause – .
Avec la hausse des prix de l’énergie, le chauffage collectif est de plus en plus remis en cause – .
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Hessam Nabavi sur Unsplash Dans les copropriétés, la hausse des prix de l’énergie fait craindre une explosion du prix du chauffage collectif.

Hessam Nabavi sur Unsplash

Dans les copropriétés, la hausse des prix de l’énergie fait craindre une explosion du prix du chauffage collectif.

ENERGIE – Depuis plusieurs semaines, le téléphone de Me Cyril Sabatié n’arrête pas de sonner. Sur la ligne, “les syndics, copropriétaires, locataires qui s’inquiètent de voir leurs factures augmenter à cause de la hausse des prix de l’énergie”, expliquer à HuffPost avocat immobilier. Ils se posent tous la même question : comment passer du chauffage collectif au chauffage individuel dans leur immeuble.

« Ce n’est pas nouveau, chaque année nous avons des demandes. Mais cette année c’est vraiment significatif, on a des demandes de toutes parts. C’est le sujet du moment. », insiste l’avocat. La faute à un contexte très tendu entre la guerre en Ukraine, l’arrêt d’une partie du parc nucléaire français, et la reprise économique après deux ans de pandémie qui a fait exploser les prix du gaz et de l’électricité.

Une partie du parc immobilier de Gilles Frémont, syndic et président de l’Association nationale des gestionnaires de copropriété (ANGC), en a fait l’amère expérience. « Certains immeubles ont renouvelé leurs contrats en 2021, alors que la demande industrielle était faible en raison du Covid-19. Le prix oscillait entre 20 et 30 euros par mégawattheure. Les autres, dont les contrats se terminent en ce moment, sont durement touchés par l’inflation. Le coût a été multiplié par 10″il est alarmé.

L’individualisation du chauffage obligatoire… sauf exceptions

Pour échapper à cette flambée des prix et être moins dépendants de la consommation de voisins parfois très frileux, de nombreux copropriétaires demandent à sortir du système collectif. C’est d’ailleurs ce que conseillait le gouvernement lors de la présentation de son plan sobriété le 6 octobre dernier. L’individualisation des charges de chauffage permet un gain énergétique de 15% par logement, avance l’Ademe.

Ce système est en effet déjà obligatoire afin de responsabiliser les habitants et de répartir plus équitablement les charges. Depuis une loi de 2015, chaque foyer d’un bâtiment chauffé collectivement doit être équipé de compteurs de calories individuels, qui déterminent la consommation réelle d’un logement à l’aide de relevés, ou de distributeurs de chauffage, qui calculent la température des radiateurs pour en déduire la consommation d’énergie dans la maison .

Cependant, ces instruments sont installés uniquement “lorsque cela est techniquement possible et que les coûts sont maîtrisés”, rappelle le ministère de l’Ecologie. Tous les bâtiments dont la consommation d’énergie est inférieure à 80 kWh par mètre carré et par an sont également exonérés. Résultat, sept ans après l’entrée en vigueur de la loi, seuls 30% à 35% des bâtiments concernés sont équipés, selon le rapport d’une mission parlementaire “flash”.

Se désolidariser des frais de chauffage ?

Malgré la crise énergétique et les exigences croissantes des copropriétaires, ce chiffre ne devrait pas augmenter rapidement. « L’installation de compteurs demande de la préparation. Il y a vote en assemblée générale, l’unanimité est requise. Il faut aussi anticiper des travaux qui coûtent cher et qui peuvent durer plusieurs années… Alors pour cet hiver, c’est mort » tranche Gilles Fremont. “Quand le prix de l’essence redescendra, ceux qui demandent l’individualisation renonceront peut-être à leur idée”, il anticipe aussi.

Autre solution drastique envisagée par les copropriétaires inquiets : la séparation des charges de chauffage. Cela signifie qu’un ménage décide de quitter le système collectif individuellement. « Une utopie »balaie Me Cyril Sabatié. « La séparation ne permet pas de s’émanciper du paiement des charges collectives. Pour cela, il doit être décidé à l’unanimité en assemblée générale. Il est quasiment impossible à obtenir. » Le copropriétaire est alors obligé de continuer à payer le chauffage collectif en plus de sa nouvelle facture individuelle. Un mauvais calcul si le but est de faire des économies.

Halim Gazzi, cogérant de l’agence immobilière Agence du Port à Nice, estime que compte tenu de la situation, la règle pourrait changer. « Je ne sais pas comment ça ne peut pas évoluer. La question va se poser pour le législateur, notamment dans les copros qui sont de véritables passoires énergétiques », il dit. Plus généralement, il s’agit “la question de la suppression du chauffage collectif qui se posera de plus en plus dans les années à venir”il croit.

“On craint une augmentation des impayés”

En attendant, les copropriétaires restent impuissants. Même le bouclier tarifaire, qui limite la hausse du prix du gaz et de l’électricité à 15 % dans les copros chauffés au gaz collectif, ne résout pas la solution. “C’est une bonne mesure, mais le système comptable de la copro impose l’avance des frais”, regrette Anaïs Rodriguez, directrice des métiers de la copropriété chez Syneval. La compensation financière n’arrive que plusieurs mois plus tard.

Les administrateurs interrogés par le HuffPost ont trouvé de maigres solutions pour éviter de payer le prix fort, notamment en mettant le chauffage plus tard – solution relativement facile à mettre en œuvre compte tenu des températures douces d’octobre – ou en fixant la température à 19 degrés. Même les habitants qui redoutent le froid “mettre de l’eau dans leur vin” et accepter de faire un effort, renchérit Halim Gazzi, de Nice.

Malgré cela, ils redoutent les mois à venir. “Nous sommes inquiets pour le paiement et la solvabilité des copropriétaires, certains ne pourront pas payer, c’est une évidence”note Gilles Frémont. “Certains tirent un peu la langue, on craint une augmentation des impayés”, ajoute Anaïs Rodriguez. Tout le monde rêve d’un hiver doux pour le portefeuille.

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Tags: Avec hausse des prix lénergie chauffage collectif est remis

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