L’huile de palme (même synthétique) est-elle (vraiment) la solution ? – .

L’huile de palme (même synthétique) est-elle (vraiment) la solution ? – .
L’huile de palme (même synthétique) est-elle (vraiment) la solution ? – .

(ETX Daily Up) – Alors que la COP27 vient de démarrer en Égypte où près de 196 pays participent à trouver des solutions aux défis posés par le changement climatique, une start-up américaine, soutenue financièrement par la Fondation Bill Gates, vient d’annoncer la commercialisation de huile de palme synthétique pour 2023. On vous explique.

En pâte à tartiner, en chips, en bouillons cubes instantanés… Son utilisation est si diversifiée que l’huile de palme est désignée comme la plus consommée au monde, loin devant l’huile de soja, l’huile de colza et l’huile de tournesol. Et si l’ingrédient issu d’une extraction à chaud de la pulpe du fruit du palmier a mauvaise presse depuis de nombreuses années, sa consommation n’a pas du tout diminué ces dernières années. Estimée à 75 millions de tonnes pour la campagne 2021/2022, elle était de 67 millions de tonnes en 2017/2018, selon Statista. Selon la start-up américaine C16 Biosciences, l’huile de palme est présente dans la moitié des produits des rayons des supermarchés américains. Si son utilisation est si développée, c’est parce que son coût est plus faible par rapport aux autres huiles végétales, ce qui permet aux industriels de faire baisser le prix de leur produit final.

Une planète en danger

Catastrophe, désastre… Il y a plusieurs façons d’exprimer les conséquences de l’industrie de l’huile de palme sur l’environnement. L’Indonésie et la Malaisie se chargent de fournir 85% de la production mondiale, selon le WWF. Les surfaces agricoles consacrées aux palmeraies ne cessent de s’étendre : en 2020, en Malaisie, elles étaient de 5,3 millions d’hectares alors qu’elles n’étaient “que” 3,3 millions en 2000. Le problème est que les palmiers à huile bénéficient des mêmes conditions de croissance que ceux des forêts tropicales. . On comprend mieux alors pourquoi la déforestation fait polémique et est perçue comme l’une des premières conséquences graves de la production de cet ingrédient bon marché. Outre la pollution des sols, cette agriculture « mange » aussi l’espace de certaines espèces comme les orangs-outans et les éléphants. Selon le World Wide Fund for Nature, une plantation de palmiers à huile réduit le taux de biodiversité d’au moins 90% par rapport à une forêt tropicale primaire. L’autre impact de la production d’huile de palme est l’augmentation des gaz à effet de serre. On estime que la déforestation est responsable de 15 à 20 %.

La solution : l’huile de palme durable ?

Face à ces constats alarmants, une start-up new-yorkaise a décidé de se tourner vers l’avenir, non pas en supprimant l’huile de palme, mais en imaginant une nouvelle formule totalement inoffensive pour l’environnement et la biodiversité. Vous savez la viande… sans viande, eh bien maintenant il y a l’huile de palme… sans huile de palme. Depuis 2018, la société au nom très scientifique C16 Biosciences développe un procédé de fermentation à base de déchets alimentaires pour produire une alternative à l’huile de palme. C’est une sélection précise d’une souche de levure qui permet de piloter le processus et d’obtenir une sorte d’huile de palme synthétique. En 2020, cette entreprise innovante créée par un ancien étudiant en commerce de Harvard, ingénieur en biologie et docteur en sciences physiques ne produisait chaque semaine que dix kilos de sa « fausse » huile de palme, contenant autant d’acides gras que son modèle. Mais c’était sans compter sur la notoriété (et la fortune) de Bill Gates, dont la fondation a investi vingt millions de dollars pour soutenir le projet.

Et ça paie puisque C16 Biosciences vient d’annoncer la commercialisation de son “huile de palme sans huile de palme” pour le début de l’année prochaine. L’entreprise spécialisée dans le développement des huiles et graisses a pu s’engager dans un tel objectif après avoir atteint une production industrielle estimée à 50 000 litres de son “palmless”. Son utilisation est imaginée dans tout un tas de produits, de l’alimentaire aux produits ménagers, mais la start-up compte l’utiliser d’abord dans les rayons beauté. Pas étonnant que l’aventure commerciale commence dans ce rayon : selon le WWF américain, l’huile de palme se retrouve aussi dans les rouges à lèvres et les savons, pour ne citer que quelques exemples.

Tags: Lhuile palme même synthétique estelle vraiment solution

PREV Wilfried Nancy est vraiment parti – .
NEXT Des vêtements Rekkles, un peu trop chers ? – .