Andres Roca Rey, l’or du pays Inca – .

Andres Roca Rey, l’or du pays Inca – .
Andres Roca Rey, l’or du pays Inca – .

Le patron de la tauromachie mondiale, héros de Bilbao et triomphant d’un été où il a enchaîné les triomphes, a le statut d’idole dans les rangs des aficionados de son pays natal où la culture taurine occupe une place majeure. “Le Pérou a plus d’arènes que de stades de football”, confirme Jaime Bedoya, journaliste à El Comercio, l’un des plus anciens journaux du pays. « La tauromachie est très populaire dans les villages des Andes dont les habitants n’ont pas lu Hemingway ou vu un tableau de Picasso. Son thème tellurique fait référence au mélange des cultures indigènes et espagnoles. L’aficion péruvienne est ancienne et savante (le conquérant Francisco Pizzaro organisa une corrida au XVIe siècle sur la Plaza de Armas de Lima ; Juan Bermonte, « le tremblement de terre de Lima », épousa une Péruvienne). La culture taurine de limeña a vu son intérêt grandir avec le phénomène Roca Rey. Jamais un torero péruvien n’avait vu son nom associé à ceux de José Tomas, Joselito, Manolete comme l’a fait la presse espagnole. Jamais depuis Conchita Cintron un Péruvien n’a eu un tel écho dans le monde taurin ». Et le journaliste, qui a souvent rencontré le diestro, résume : « Andrés Roca Rey est la manifestation moderne, remarquable et supérieure de plus de deux siècles de tradition taurine péruvienne ».

Admirée par le prix nobel local Mario Vargas Llosa, suivie « de près » par la petite-fille de Juan Carlos, Victoria Federica de Marichalar y Borbón, grande d’Espagne, la nièce du roi Philippe VI (elle est actuellement au Pérou), Andrés Roca Rey, qui répondait au surnom de « El Andi » au début de sa carrière marquée par le sceau français (première novillada piquée à Captieux en 2014, alternative prise à Nîmes l’année suivante) a hérité de la tauromachie.

Un ancêtre, Juan, empresa des arènes d’Acho, un oncle rejoneador (José Antonio), un frère (Fernando) matador et le cousin de son père éleveur. « Andi » n’a pas suivi la voie taurine pour échapper à la faim et à la misère comme César Rincon en Colombie. Il aurait pu en suivre bien d’autres. Fils d’un industriel du coton, Andrès Roca Rey (26 ans) a grandi dans le monde capitonné de l’élite péruvienne. Surfeur comme son autre frère banquier Juan José, son état aurait dû l’inciter, comme son père, à conduire des voitures de course ou à jouer au putt sur les greens de golf, un sport qu’il pratiquait enfant avec un certain succès. Il préféra risquer sa vie sur les ocres des ruedos et remettre sa carcasse blessée aux chirurgiens taurins. Sa grand-mère, Gladys Zender, Miss Univers 1957, a sans doute une autre idée des soins du corps. Mais c’est cet engagement qui a conquis son peuple et au-delà.

« Andrés est un torero qui prend beaucoup de risques », note Ricardo Hinojosa Lizárraga, qui collabore à plusieurs magazines péruviens. Beaucoup l’admirent pour cela et pour la combativité, la ténacité dont il fait preuve malgré les blessures. La crainte est que son style l’expose à quelque chose de plus grave. Mais ses admirateurs restent impressionnés après chaque corrida.

PREV Alain à nouveau en couple ? Cette photo qui sème le doute – .
NEXT la ville de Bouaye contrainte de revoir un projet scolaire – .