la fiction avec Isabelle Adjani est-elle fidèle à l’histoire ? – .

la fiction avec Isabelle Adjani est-elle fidèle à l’histoire ? – .
la fiction avec Isabelle Adjani est-elle fidèle à l’histoire ? – .

Pour adapter la vie de Diane de Poitiers (disponible sur Salto) sous les traits d’Isabelle Adjani (qui s’est confiée sur ce rôle), la réalisatrice Josée Dayan a fait appel à Didier Decoin, scénariste-scénariste président de l’Académie Goncourt, avec qui elle avait déjà travaillé sur Monte CristoMisérable. Ainsi, ce passionné de la Renaissance, il a pris soin de ne pas trahir la vérité historique en se nourrissant de lectures et autres documentations, tout en cédant à ce qu’on appelle la licence poétique, propre à tout créateur confronté à une adaptation.

Télé Loisirs : Comment abordez-vous un tel projet ?

Didier Décoin : C’est Josée Dayan, avec qui j’avais déjà fait Monte Cristo ou Les Misérables avec Gérard Depardieu, entre autres, qui m’a fait cette proposition, sur laquelle j’ai sauté à pieds joints. D’abord parce que la Renaissance me fascine et ensuite parce que c’était Josée et Isabelle Adjani.

Combien de temps avant le tournage vous a-t-on demandé ?

Il y a au moins un an et demi. Et pendant près de deux ans, je me suis beaucoup remis au travail ! Il y eut au moins quinze versions. Josée sait ce qu’elle veut, elle est très exigeante, avec ses équipes comme avec elle-même. Elle avait une vision du personnage, tout comme Isabelle. Je devais suivre ses traces et c’était excitant. J’ai eu un père cinéaste (Henri Decoin, ndlr), j’ai un respect infini pour ceux qui font des films car je sais trop bien ce que c’est.

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Par quels prismes Josée Dayan et Isabelle Adjani ont-elles voulu aborder cette reine si particulière ?

Ils voulaient montrer une femme avec un F majuscule, très comparable à celles de notre époque, avec des revendications de pouvoir, d’autonomie et de liberté. Diane était une femme MeToo avant l’heure, il n’y en a pas beaucoup dans l’histoire de France ! Mais elle n’a jamais cessé d’aimer le sexe masculin et d’être courtisée. Elle savait ce qu’était l’amour mieux que beaucoup de femmes de son temps. Et il faut dire qu’elle est tombée sur un partenaire en or avec Henri II (joué par Hugo Becker) qu’elle a connu tout petit.

Son désir de ne pas vieillir est-il cohérent avec la réalité historique, avec toutes les suspicions et jalousies que cela a suscitées ?

Absolument. Elle était soupçonnée du pire, car personne ne croyait qu’elle puisse traverser les années ainsi. Quand elle est morte, elle avait plus de soixante ans et était toujours ravissante. Des tableaux et des témoignages en attestent, c’était à tomber par terre. La qualité de sa peau, la couleur de son teint, etc. : elle était irrésistible !

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Diane de Poitiers portait un dentier

Avez-vous débloqué ses secrets de beauté ?

Il y avait beaucoup de trucs, cependant. Par exemple, comme beaucoup à l’époque, elle avait perdu ses dents et s’était fait poser des prothèses osseuses aux gencives. Ses cheveux étaient devenus clairsemés à la fin de sa vie, mais restaient particulièrement soyeux. Et, surtout, elle savait se débrouiller. Sans passer des heures devant son miroir, elle avait une hygiène de vie remarquable. Elle aimait dormir, se levant tôt le matin pour plonger immédiatement dans l’eau froide comme c’est la coutume en Scandinavie. Elle se frappait probablement aussi avec des branches de travail ou quelque chose comme ça, pour faire couler le sang. Elle avait une attention très exceptionnelle à son corps et à son visage. Cela a déclenché de terribles jalousies ! Pour toutes ces raisons, lorsqu’Isabelle Adjani a donné son accord, nous savions que nous avions la Diane idéale du 21ème siècle car, bien qu’elle ne soit plus un bébé, la beauté d’Isabelle reste époustouflante.

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Comment l’écrivain que vous êtes signe-t-il une œuvre de fiction, tout en respectant la vérité historique ?

On peut toujours passer au chinois, mais, pour moi, la voie idéale, c’est la phrase de Dumas : «si j’ai violé l’Histoire, je lui ai donné de beaux enfants !« Selon moi, le secret d’une adaptation réussie est de lire et relire tout ce que l’on peut sur l’histoire. Entre les lignes apparaissent des vérités qui donnent chair aux personnages. Nous sommes au plus près de la vérité historique. Pas à 100% bien sûr – on ne peut pas s’empêcher d’inventer certains dialogues – mais on est allègrement à 75%. Le reste relève de ce que nous appelons la licence poétique, c’est-à-dire le droit de tout créateur de prendre une légère liberté avec « la chose réelle » pour la rendre crédible.

Si vous pouviez contacter Diane de Poitiers, que lui demanderiez-vous ?

Un rendez-vous!

Tags: fiction avec Isabelle Adjani estelle fidèle lhistoire

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