“Le pire n’est jamais certain mais la situation est vraiment très préoccupante” – .

“Le pire n’est jamais certain mais la situation est vraiment très préoccupante” – .
“Le pire n’est jamais certain mais la situation est vraiment très préoccupante” – .

Emmanuel Macron présentera les avancées concrètes de la France en matière de protection de l’environnement à l’occasion de la COP 27. Peut-on encore sauver la planète ? Difficile de trancher pour Natacha Gondran Professeur à l’école des mines de Saint-Etienne. Invitée de France Bleu ce matin, elle insiste pour ne pas laisser les jeunes générations seules face à ces enjeux.

France Bleu Saint-Étienne Loire : Vous travaillez sur les frontières planétaires. De quoi s’agit-il concrètement ? Limites planétaires ?

Natacha Gondran, Professeur à l’école des mines de Saint-Etienne et membre du laboratoire environnement, ville et société : Les limites planétaires sont neuf thèmes de préoccupation majeurs qui font l’objet de bascules écologiques. Aujourd’hui, nous allons parler des changements climatiques, par exemple. Si nous dépassons certains seuils, nous risquons de déclencher des effets qui vont aggraver le problème. Par exemple, on entend souvent parler de pergélisol. On détecte des terres qui sont gelées en permanence, qui dégèlent en raison de l’augmentation de la température moyenne mondiale et qui vont émettre du méthane (un puissant gaz à effet de serre) et qui vont encore renforcer la problématique du changement climatique. Il y a donc neuf thèmes comme ça, qui s’ils sont dépassés, pourraient changer l’état d’équilibre de la planète et nous amener dans un état d’équilibre potentiellement beaucoup moins agréable à vivre que celui que nous connaissons actuellement.

Le pire n’est jamais certain, mais les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que la situation est vraiment très préoccupante.

N’avons-nous pas encore franchi ces seuils ?

Puisque nous n’avons qu’une seule planète, nous ne pouvons pas expérimenter sur une autre planète. Il existe donc des modèles qui simulent ces changements et il existe des zones d’incertitude. On ne sait pas exactement où se situent ces seuils, mais on peut savoir que sur certains sujets, comme le changement climatique, mais aussi la biodiversité, les cycles de l’azote et du phosphore, on est dans la zone d’incertitude, voire dans la zone rouge et que les mesures doivent être prises en compte très rapidement pour pouvoir rester dans ce que les géologues appellent l’Holocène. C’est la période que nous connaissons depuis 10 000 ans, une période exceptionnellement stable qui a permis le développement humain.

Est-ce à dire qu’on ne peut pas encore dire clairement aujourd’hui que c’est foutu et qu’on va droit dans le mur ?

Donc les scientifiques n’aiment pas vraiment commenter cela. Je me fie au rapport du GIEC. Il ne dit pas encore que c’est fini car il y a toute une série d’enjeux politiques et sociaux derrière. Le pire n’est jamais certain, mais les scientifiques s’accordent désormais à dire que la situation est vraiment très préoccupante. Ce qui est certain, c’est qu’il faut maintenant modifier l’évolution de nos courbes d’émissions. Nous devons commencer à réduire fortement nos émissions à l’échelle mondiale pour rester dans notre période de stabilité.

Les experts, les scientifiques sont tous d’accord. Cependant, il semble que parfois ils crient dans le vide. N’est-ce pas désespéré au bout d’un moment ?

C’est le problème de la complexité du système. On parle aujourd’hui d’aides financières pour aider les ménages les plus précaires à payer leur fioul. Il y a des enjeux sociaux très forts quand on s’interroge sur le fonctionnement de notre système économique. La solution n’est donc pas simple. Une autre frontière planétaire est la couche d’ozone. Là, la solution était beaucoup plus simple : en 1987, les chlorofluorocarbures ont été interdits, qui étaient les molécules à l’origine du problème. Le problème pourrait être résolu entre guillemets relativement facilement, même si, 30 ans plus tard, le problème n’est pas encore complètement résolu. Sur le changement climatique, nous avons affaire à un problème tellement systémique et complexe, avec l’imbrication d’enjeux économiques, sociaux et écologiques, que la situation n’est pas si facile à résoudre.

Les jeunes ne doivent pas être laissés seuls face à ces problèmes.

Que pensez-vous de ces actions de désobéissance civile de certains scientifiques ou jeunes qui se manifestent par des actions spectaculaires ?

Je ne suis pas un spécialiste des politiques publiques. Par contre, plutôt que de braquer la caméra sur l’acte posé, je pense aux gens qui ont fait ça, notamment quand ce sont des jeunes comme ceux qui vont s’enchaîner, par exemple sur des courts de tennis ou des terrains de foot. Je me dis que s’ils en viennent à de tels extrêmes, parce que derrière eux ils peuvent avoir des conséquences judiciaires, c’est qu’ils ont une émotion très forte. sur leur avenir. Je pense que nos générations ont un devoir envers les jeunes générations. Ils lisent les aspects scientifiques et sont très très bien formés. Ils ont un niveau de conscience écologique bien supérieur à la moyenne des générations supérieures. Il ne faut pas les laisser seuls face à ces problèmes.

Tags: pire nest jamais mais situation est vraiment très préoccupante

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