Les lettres de Poilus conservent le souvenir de la Grande Guerre – .

Les lettres de Poilus conservent le souvenir de la Grande Guerre – .
Les lettres de Poilus conservent le souvenir de la Grande Guerre – .

La commémoration du 104e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918 prendra un caractère particulier avec le retour de la guerre en Europe, en Ukraine. Au fil du temps, des passionnés d’histoire ont pris soin d’entretenir la flamme de la mémoire, comme feu Michel Pelous, journaliste à Repas gratuit qui avait publié, en 1991, un recueil de correspondances de poilus soubésiens intitulé A l’encre bleu horizon*.

Relire ces lettres publiées avec l’accord de leurs descendants, c’est s’immerger dans la tragédie d’une époque très difficile à imaginer aujourd’hui. L’auteur, d’origine Soubés, évoque “ces morceaux de papier froissés, souvent griffonnés à la hâte” – mais quel poids ! – adressée, à la famille, aux camarades soubésiens, quand d’autres écrivaient à leur maître ou… au curé. Parmi cette abondante correspondance, la missive d’un Poilu qui écrit à l’abbé Lavaysse, curé du village, depuis l’hôpital de Valence (Drôme), où il a été admis pour des engelures au 3e degré aux pieds. Malgré l’interdiction de parler de la guerre, il raconte un épisode dans les tranchées, au nord de Cernays, en Alsace. « Quand, à 4 h 30 du soir, les officiers nous ont crié : « En avant à la baïonnette ! », j’ai hésité puis je suis parti comme les autres fondre sur les Boches. […]. Mais toute la victoire n’était pas pour nous, malgré les braves 75 (canon, ndlr) qui a tiré plus de 1 500 pots ce jour-là. Nous avions de la neige jusqu’au ventre et le soir nous devions garder le terrain conquis. […] Les jours suivants, alors qu’il n’arrêtait ni de neiger ni de pleuvoir, nous ne pouvions pas bouger car les Boches nous lançaient des marmites. C’est le 4e matin où je ne sentais plus mes pieds noircir que le major m’a fait évacuer au poste de secours. […] Je n’aurais jamais cru que la guerre était une chose aussi terrible. Il faut y aller pour le savoir. Finalement, cette fois, je m’en suis sorti. Affectueusement vôtre ». LM 4e Bataillon alpin.

* Éditions les Beaux-Arts, Soubès, disponible à la bibliothèque municipale. La commémoration par la municipalité est fixée au vendredi 11 novembre, à 11h30, au cimetière.

Correspondant Midi Libre : 06 19 91 51 54

Étiquettes : Lettres Poilus préserver mémoire Grande Guerre

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