Jean Castex s’apprête à prendre la direction d’une RATP en crise – .

Jean Castex s’apprête à prendre la direction d’une RATP en crise – .
Jean Castex s’apprête à prendre la direction d’une RATP en crise – .
Lors de l’audition de Jean Castex au Sénat, à Paris, le 8 novembre 2022. SÉNAT

Il est prêt. L’ancien Premier ministre Jean Castex, très à l’aise et bavard, a tenu à montrer à la commission d’aménagement du territoire du Sénat et à la commission du développement durable de l’Assemblée nationale qu’il était l’homme de la situation pour diriger la RATP. « Une entreprise de plus de 70 000 personnes, après les derniers appels d’offres remportés, le troisième opérateur mondial de transport public »a souligné le candidat lors de son audition, assurant qu’il n’hésitait pas ” pouvoir exécutif “ lui a proposé de quitter l’Agence pour le financement des infrastructures et des transports (AFIT France) et ses 25 agents. Il n’a pas non plus cherché à minimiser les difficultés qui l’y attendent, si sa nomination est confirmée par les parlementaires.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Jean Castex à la RATP : un cas emblématique des limites du contrôle des conflits d’intérêts

La situation est tellement tendue à la Régie que le rapporteur de la commission sénatoriale, Philippe Tabarot (Les Républicains, LR), a immédiatement apporté son soutien à Jean Castex, cherchant à éviter les votes négatifs. “pour ne pas l’affaiblir dans sa mission”. Le sénateur avait au préalable précisé auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) le sens de son avis, favorable à la nomination de M. Castex, mais lui interdisant “toute démarche auprès des membres de son gouvernement lorsqu’il était premier ministre” : cela ne l’empêchera pas de les contacter pour l’actualité, puisque la restriction ne concerne que les sujets liés à l’ouverture à la concurrence des lignes de bus, tram ou métro.

“Une grève bienvenue”

Qu’attend le prochain PDG de la RATP ? Tout d’abord, “une grève bienvenue”ironise le sénateur. “Un coup de semonce”, on reconnaît la direction des ressources humaines de la RATP. L’appel a été lancé par les syndicats de la Régie à la mi-octobre pour réclamer des augmentations salariales et de meilleures conditions de travail. Le mouvement dans les transports parisiens s’annonce très suivi, avec sept lignes totalement fermées et sept ouvertes uniquement aux heures de pointe, a précisé la RATP. Seules les lignes 1 et 14, entièrement automatisées, circuleront normalement, mais avec “un risque de saturation”, prévient la Régie. Dans le RER, 1 train sur 3 circulera en moyenne sur la ligne A, et 1 sur 2 sur la ligne B aux heures de pointe.

Cette mobilisation est le reflet d’un profond malaise dans l’entreprise, qui a vu sa PDG, Catherine Guillouard, démissionner précipitamment pour raisons familiales fin septembre, au moment même où son directeur général adjoint, Philippe Martin, prenait sa retraite. Depuis, les failles de la structure des transports parisiens apparaissent chaque jour, sans dirigeant pour les colmater.

Il vous reste 59,8% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

PREV Actions à surveiller aujourd’hui à Wall Street – mardi 22 novembre 2022 – .
NEXT « Qu’on le veuille ou non, Donald Trump a fait sortir les Américains de l’abstention » – .