Consolation pour Biden et magie qui s’estompe pour Trump

Alors que la nuit des élections avançait, les nouvelles n’étaient pas si mauvaises pour la Maison Blanche. Oui, le contrôle de la Chambre des représentants semblait passer entre les mains des républicains, mais avec des marges beaucoup plus réduites que prévu. Seule une poignée de sièges diffère.

Selon les projections de NBC, la répartition pourrait être de 216 pour les démocrates contre 219 pour les républicains, une majorité plus fragile que jamais dans cette chambre de 435 représentants. En fait, une majorité potentiellement inférieure à celle des démocrates.

Le sort du Sénat n’est toujours pas défini, mais le gain de la Pennsylvanie pour les démocrates doit faire mal aux républicains qui espéraient conserver cet État pivot. Le candidat Mehmet Oz, mis en avant par Donald Trump, allait changer la donne. Pourtant, là encore, la magie Trump n’a pas fonctionné contre John Fetterman, un ancien lieutenant-gouverneur victime d’un accident vasculaire cérébral il y a quelques mois et qui a rendu très difficile sa prestation dans le débat contre le républicain.

En Arizona, terre d’accueil de nombreux candidats sélectionnés par l’ancien président, tous adeptes du grand mensonge des fraudes électorales massives aux dépens des républicains, Blake Masters ne semble pas avoir réussi à détrôner le démocrate Mark Kelly.

Dans le New Hampshire, les républicains plaçaient de grands espoirs dans la candidature de l’ancien général Don Bolduc, ardemment soutenu par Trump pour balayer la démocrate Maggie Hassan et espérer ainsi arracher le contrôle du Sénat. Encore une fois, un coup de poignard dans l’eau.

Le cas de la Géorgie reste en suspens puisque même avec une avance très étroite du sénateur démocrate sortant Raphael Warnock face au républicain Herschel Walker, il y aura plus que probablement un second tour le 6 décembre.

Depuis son repaire de Mar-A-Lago, Donald Trump devra peut-être se remettre en question après cette soirée électorale terne pour les républicains

Photo : Getty Images/Joe Raedle

Un ego politique blessé

Avec de tels résultats, les républicains doivent se poser de sérieuses questions sur le pouvoir réel de Trump sur le parti et ses troupes. Car n’en déplaise à ses partisans, la magie de l’ancien président n’a pas vraiment opéré pour ces élections de mi-mandat. Les espoirs de la vague rouge de ces derniers jours ne se sont pas concrétisés.

Les nombreux candidats adoubés par le républicain n’ont pas réussi leur examen de passage et ont donc été recalibrés. Mitch McConnell, le chef de file de la minorité républicaine au Sénat, avait évoqué le problème des poulains de Trump qui n’étaient pas toujours des candidats de qualité, loin de là. C’est une remarque qui reviendra hanter le président défait en 2020.

Pendant ce temps, un candidat se met de plus en plus sous les projecteurs et éclipse l’ancien président. Ron DeSantis, qui a remporté un second mandat de gouverneur en battant son adversaire démocrate, Charlie Crist, avec 20 points d’avance, vient sérieusement ébranler les fondements trumpiens du parti.

Le contraste était saisissant mardi soir. D’un côté, un ancien président qui a mis tout son poids dans la balance pour sélectionner les candidats du parti qui, pour obtenir l’appui du faiseur de rois devait épouser sans concession la cause de l’élection volée mise en avant depuis maintenant deux ans.

Dans son allocution d’hier soir, on a vu un Donald Trump au ton triomphaliste contre les médias (une habitude) et qui, sans même attendre les résultats définitifs, claironnait haut et fort que les victoires étaient éclatantes pour ses candidats, sans aucune preuve.

Discours triomphal de Ron DeSantis avec sa soif de supporters en liesse à Tampa

Photo: dpa via getty images / GIORGIO VIERA

Un combattant qui sort de l’ombre de Trump

De l’autre côté, c’est un Ron DeSantis triomphant, auréolé de sa victoire nette et nette, qui a dressé le bilan de ses exploits et vanté le modèle floridien pour l’ensemble des États-Unis. La victoire retentissante est également venue du comté de Miami-Dade, qui n’avait pas voté pour un candidat républicain au poste de gouverneur depuis deux décennies.

Dans un discours de victoire percutant clairement destiné à un public national, le gouverneur de Floride ressemble de plus en plus à un candidat envisageant une charge plus élevée, se présentant comme un leader transformationnel qui a secoué l’État de manière décisive vers la droite, il a déclaré que la survie de l’expérience américaine nécessite un renouveau des vrais principes américains lors de son discours de victoire au Tampa Convention Center. Nous offrons une lueur d’espoir que des jours meilleurs sont encore à venir.il ajouta.

Autre bonne nouvelle pour lui, les républicains de Floride ont également remporté deux sièges au Congrès et étaient en passe de remporter des supermajorités dans les deux chambres de la législature de l’État, donnant à DeSantis encore plus de poids pour lancer une éventuelle campagne. présidentiel.

Une consolation temporaire pour les démocrates

Il faudra évidemment attendre que les résultats soient définitifs, mais les appels de Biden à la protection de la démocratie face à des candidats négationnistes aux élections de 2020 qui voulaient changer les règles du jeu pour assurer coûte que coûte des victoires républicaines dans la futures élections, a peut-être changé la donne dans certaines courses.

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La victoire de John Fetterman pour le sénateur de Pennsylvanie est une victoire pour les démocrates

Photo : dpa via getty images / ANGELA WEISS

Les démocrates ont plutôt bien fait en enregistrant de bonnes performances pour les postes de gouverneur du Michigan, du Nevada ou encore de l’État de New York face à des candidats qui remettent en cause la légitimité du président Biden depuis 2020.

Pendant ce temps, les candidats républicains au poste de secrétaire d’État, poste qui certifie les résultats des élections et qui avaient été choisis par Donald Trump, n’ont pas remporté leurs élections ou sont en train de les perdre. C’est le cas dans le Michigan de Kristina Karamo, qui a été battue, et ce serait probablement aussi le cas de Mark Finchem dans l’Arizona, qui perdrait face au candidat démocrate.

Au moment d’écrire ces lignes, la candidate au poste de gouverneur de l’Arizona, Kari Lake, que certains ont décrite comme un Donald Trump à talons hauts, suivait la démocrate Katie Hobbs. En cas de défaite confirmée, ce serait un nouveau tremblement de terre dans les plaques tectoniques républicaines pro-Trump. Il ne serait pas surprenant que ce groupe de candidats de l’Arizona crie à la fraude électorale s’ils perdaient.

Quelque part à Mar-A-Lago, il y a un ancien président qui doit faire une introspection.

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