“Beaucoup de parents sont sidérés lorsqu’ils découvrent la vie de leur enfant sur les réseaux sociaux” – Comment lutter contre le harcèlement scolaire – .

“Beaucoup de parents sont sidérés lorsqu’ils découvrent la vie de leur enfant sur les réseaux sociaux” – Comment lutter contre le harcèlement scolaire – .
“Beaucoup de parents sont sidérés lorsqu’ils découvrent la vie de leur enfant sur les réseaux sociaux” – Comment lutter contre le harcèlement scolaire – .

Vous qui avez été magistrat chargé de la délinquance juvénile, de septembre 2019 à juillet 2022, à Brest, que vous inspire la loi du 3 mars 2022 ?

Il est venu préciser le délit que nous appréhendions déjà via le délit plus général de harcèlement moral. Elle a permis au législateur de souligner l’importance qu’il accorde à ce problème mais cela ne change rien au fait que les investigations sont compliquées car il faudra identifier, parmi les pseudonymes, qui est qui au sein d’une classe. Ensuite, il faudra que tout le monde soit entendu pour savoir exactement qui a fait quoi… En termes d’outil de preuve, cette loi ne nous a pas apporté grand-chose.

“Quiconque diffuse une photographie d’une personne nue sans son consentement, même si celle-ci l’a donnée volontairement, est en infraction. Je précise que le fait de le rediffuser est aussi une infraction. »

Au passage, juste avant le vote de cette loi, vous aviez tiré la sonnette d’alarme sur le grand nombre d’actes de harcèlement scolaire et d’atteinte à la vie privée avec la diffusion d’images dénudées…

En effet. J’ai aussi été surpris par l’âge des personnes impliquées – ce sont des faits qui peuvent commencer dès le début du collège – et par la violence des phénomènes collectifs qui sont facilités par les réseaux sociaux. C’est plus facile d’agresser quelqu’un via un réseau social : on est anonyme, on est derrière un groupe, on ne confronte pas la personne directement… Alors j’ai vu des phénomènes de groupe très violents.

La réponse pénale est-elle alors à la hauteur du phénomène ?

Lorsque les auteurs ont moins de 13 ans, compte tenu de la présomption d’irresponsabilité, cela échappe au champ de la justice pénale. On considère que c’est plutôt une réponse éducative des parents et de l’école qui sera attendue. Quoi qu’il en soit, il s’agit souvent de jeunes auteurs, de tous horizons, mineurs autrement inconnus des services de police et de justice. En fait, les procédures sont gérées par la voie de l’alternative aux poursuites : Réparation pénale à la PJJ, concordat criminel, rappel à la loi…, pour que ça ne passe pas à l’audience.

Parmi les dossiers dont vous avez été saisis, les victimes étaient-elles plutôt des jeunes filles ou des garçons ?

L’un comme l’autre. Cela dit, les diffusions d’images dénudées touchent davantage les jeunes filles qui, dans le cadre d’une relation, ont envoyé des photos à leurs copains. C’est plus facile à caractériser et à poursuivre car quiconque diffuse une photographie d’une personne nue sans son consentement, même si ce dernier l’a donnée volontairement, est en infraction. Je précise que le fait de le rediffuser est aussi une infraction.

« Les parents vont assez facilement donner le statut de suiveur à leur enfant, et faire porter la responsabilité sur ses fréquentations, ce qui conduit à une déresponsabilisation de chacun. »

N’avez-vous pas l’impression que les parents sont impuissants face au phénomène ?

De nombreux parents sont sidérés lorsqu’ils découvrent la vie de leur enfant sur les réseaux sociaux. En fait, on peut imaginer que comme il s’agit d’un phénomène collectif, chaque enfant se défendra auprès de ses parents d’en être l’initiateur. Les parents vont assez facilement donner le statut de suiveur à leur enfant, et faire porter la responsabilité sur ses fréquentations, ce qui conduit à une déresponsabilisation de chacun.

Un cas de harcèlement scolaire vous a plus marqué que les autres ?

Je n’ai eu connaissance d’aucun décès de mineur à la suite d’actes de harcèlement. Les cas que j’ai en tête sont des dossiers où tout le monde s’est renvoyé la balle : Les parents, l’école… Car quand il y a une plainte, l’école aura aussi la position de dire : On attend que l’enquête criminelle suive son cours. Cependant, pour moi, c’est avant tout à l’école d’établir ce qui s’est passé et de prendre des mesures préventives pour protéger la victime. Cela dit, il est compliqué pour les écoles d’identifier les responsabilités individuelles dans un phénomène de groupe où ce que chacun a fait se limitera à quelques messages et interventions, mais le phénomène collectif global est un harcèlement moral à répétition, sur des jeunes en grande détresse.

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