Que s’est-il passé la nuit d’Halloween dans le quartier Itaewon de Séoul ? – .

Que s’est-il passé la nuit d’Halloween dans le quartier Itaewon de Séoul ? – .
Que s’est-il passé la nuit d’Halloween dans le quartier Itaewon de Séoul ? – .

Les autorités sud-coréennes ont lancé une enquête sur le mouvement de foule survenu dans la soirée du 29 au 30 octobre qui a coûté la vie à 156 personnes. Les éléments s’accumulent sur le manque de réaction et d’anticipation des forces de police et des premiers secours. Après la période de deuil national qui s’est achevée samedi 5 novembre, l’heure est désormais à la recherche des coupables en Corée du Sud.

De notre correspondant à Séoul,

Les bouquets de fleurs, les mots d’hommage et les cadeaux continuent de s’accumuler devant l’allée du drame. Mais l’enquête avance. Les enquêteurs ont effectué des perquisitions dans plus de cinquante endroits différents. Le chef de la police du district de Yongsan, où se trouve Itaewon, a été suspendu. Il fait partie des quatre personnes mises en examen dans le cadre de l’enquête, avec le maire de l’arrondissement, le chef de la surveillance d’urgence de la police et le chef des pompiers. Les autorités locales sont en effet accusées d’une réponse inadéquate.

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Concernant la police d’abord, les faits sont nombreux et il faut dire qu’ils sont assez accablants. Nous savons grâce aux données des opérateurs de téléphonie mobile qu’au moins 100 000 personnes étaient présentes dans le quartier. Et seuls 137 policiers étaient initialement déployés sur les lieux, dont plus de la moitié étaient chargés de la lutte contre le trafic de drogue, quelques semaines après le plan de “guerre contre la drogue” annoncé par le président. Les autorités avaient même promis de vastes ratissages à Itaewon le soir du drame, mais aucune arrestation n’a été annoncée par la police. A cela s’ajoutent les onze appels d’urgence évoquant un danger imminent reçus par la police avant la catastrophe. La première d’entre elles s’est déroulée près de quatre heures avant le drame et indiquait même le risque que des personnes soient écrasées à mort précisément dans cette ruelle. Seuls quatre des onze appels ont abouti à une réponse de la police.

L’opposition augmente la pression sur les autorités

Les circonstances restent floues sur les réactions une fois le drame survenu. Les témoins comme premiers éléments de l’enquête évoquent une réponse désordonnée. Ce mercredi 9 novembre, des médias sud-coréens ont révélé le scénario des communications des pompiers au soir du drame, qui ont demandé à plusieurs reprises des renforts policiers. On ne sait pas précisément quels étaient les effectifs policiers déployés sur place, mais au moins 540 étaient présents dans le quartier et 200 supplémentaires devant le nouveau bâtiment présidentiel, alors inhabité par le chef de l’Etat. Une grande partie de ses informations a été transmise à la presse par l’opposition.

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Pour l’instant, les plus hauts responsables tiennent bon. Le ministre de l’Intérieur, pourtant décrié, n’a pas démissionné. Mais le chef de l’enquête a laissé entendre que les responsabilités pourraient être élargies. L’opposition tente de se mobiliser contre le gouvernement sans grand succès, tandis que l’exécutif s’en prend aux autorités locales. Les Sud-Coréens interrogés pendant la période de deuil craignent très probablement que la catastrophe ne donne lieu à une relance politique. Quelques jours plus tard, ça commence sérieusement à y ressembler.

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