“Pourquoi ne m’a-t-elle pas dit que ça ne lui convenait pas ?” grogne l’ex-maire accusé de viol – .

“Pourquoi ne m’a-t-elle pas dit que ça ne lui convenait pas ?” grogne l’ex-maire accusé de viol – .
“Pourquoi ne m’a-t-elle pas dit que ça ne lui convenait pas ?” grogne l’ex-maire accusé de viol – .

Luc Boisson, 74 ans, qui a été maire de Saint-Maximin pendant vingt ans, est jugé depuis le mercredi 23 novembre 2022 devant la cour d’assises du Gard pour avoir violé une employée municipale en 2014. L’ancien élu, qui comparaît libre, catégorique nie les faits. Il risque 20 ans de prison.

S’il n’y avait pas d’un côté la douleur d’un plaignant, et de l’autre la liberté d’un homme, on serait presque tenté d’en rire. A la cour d’assises du Gard, les échanges entre le président et l’accusé s’enchaînent ce mercredi 23 novembre à un rythme effréné.

« Je n’ai jamais baissé mon pantalon devant Marlène ! assure de sa voix rocailleuse Luc Boisson, 74 ans, qui a été pendant trois mandats maire de Saint-Maximin, village de 711 habitants, entre Uzès et le Pont du Gard. Retraité, cet homme à la vie sans tache est accusé de viol par un employé municipal.

Harcèlement sexuel et menace sur son travail

Marlène, la cinquantaine, a décrit des comportements de harcèlement sexuel, avec des menaces sur son travail, aboutissant en janvier 2013 à des rapports sexuels non consentis dans les toilettes du foyer municipal où elle faisait le ménage.

“Il a touché mes seins directement avec les deux mains, il a essayé de m’embrasser. Je lui ai fait comprendre que je ne voulais pas en détournant la tête, il m’a dit : « Je te prends, va être au courant. Je me suis laissé aller. Je me suis tout de suite senti mal et sale » dit-elle aux gendarmes près de deux ans plus tard.

“Il faut comprendre le contexte” rugit Luc Boisson. “Nous avions des relations, nous étions très, très proches.”

Relations le soir ou le matin

Président : “Quelles relations ?”

“On s’est embrassés, on a fait l’amour, soit le matin quand je suis arrivé, soit le soir quand je suis parti.”

Président : “Comment cela s’est passé ?” L’accusé: “Un jour, elle m’a demandé de l’aider à sortir des colis de la pièce à côté de la poste, et quand nous avons eu fini, nous nous sommes pris le bras et nous nous sommes embrassés.”

Jamais d’appels ni de textos

“Est-ce que vous discutez, lui envoyez-vous des SMS, l’appelez-vous?”

“Jamais! ” L’élu continue. « Pour moi, c’était réciproque. Nous étions tous les deux mariés, c’est pourquoi je lui ai dit un jour de ne rien dire à personne. Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est pourquoi elle n’est pas venue me dire que ça ne lui convenait pas ?

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Marlène s’est toutefois plainte du comportement de Luc Boisson auprès de deux conseillers municipaux.

Marlène a porté plainte auprès de deux autres élus

En racontant les mains errantes, et qu’il avait sorti son pénis de son pantalon, demandant à « Fais-lui un bisou. » Ils lui ont conseillé “dire à quelqu’un” même “porter plainte”, mais ne la croyait pas vraiment. Au contraire, ils sont rapidement allés prévenir le maire. “Il n’a pas nié” Julie se souvient. “Il avait l’air choqué.” Elle n’a rien fait de plus : “Cela semblait tellement absurde.”

Une « réconciliation » intéressée ?

A l’époque, les récits de Marlène étaient perçus en mairie comme liés aux tensions créées par cette liste dissidente qui se constituait alors pour la prochaine élection. Le maire suggère que cela “réconciliation” avec Marlène était peut-être intéressée, puisqu’elle voulait s’établir.

Une chronologie démentie par le président. « C’est une grosse blague ton histoire, les derniers faits remontent à janvier 2014 dans, pardonnez-moi l’expression, les toilettes du foyer municipal ! Était-ce tendre, vos relations ? » « Oui, sans précipitation, sans violence. “ Le magistrat : “il faut vouloir être tendre dans ce lieu.”

Films porno à la mairie

Il en vient alors à un autre domaine : très travailleur, Luc Boisson, qui venait à l’aube à la mairie, passait beaucoup de temps dans son bureau à 6 heures du matin à regarder des films pornographiques, sur l’ordinateur mis à sa disposition par la municipalité.

“C’était pour passer le temps” il répond.

– Et après avoir consulté, vous êtes descendu voir Madame ?

Les élus encaissent. “Je ne peux pas expliquer pourquoi je faisais ça.”

“Et c’était sans que tu te masturbes ?”

« Ah, jamais ! »

Ce jeudi, le tribunal entendra Marlène, qui a beaucoup pleuré en silence lors de cette première audience. Jugement vendredi.

A l’Université Paul Valery de Montpellier pendant 25 ans.

Issu d’une famille de vignerons à Saint-Maximin, marié et père de deux enfants, Luc Boisson a travaillé pendant 25 ans à l’Université Paul Valery de Montpellier, où il a été technicien audiovisuel au laboratoire de langues, jusqu’en 1995. A la création de l’Université Vauban à Nîmes, il obtient sa mutation, où il termine sa carrière comme chef des services techniques.

Un parcours qui suscite de vifs échos : « Il était partout, il rendait services aux professeurs » souligne un responsable de la faculté. “Toujours respectueux, pas de remarques sexistes.” Philippe Berta, recteur de l’université Vauban, alors député du Gard, décrit « quelqu’un d’humain, attentionné, qui était devenu la mémoire de la faculté ». Il le connaissait aussi comme élu : « un type bien, apprécié de ses électeurs, un fin tacticien politique ». Et qui n’avait jamais eu d’ennuis avec la justice jusqu’à cette plainte.

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