« En trois ans, il devrait être possible de jeter les bases solides d’un projet industriel pharmaceutique » – .

« En trois ans, il devrait être possible de jeter les bases solides d’un projet industriel pharmaceutique » – .
« En trois ans, il devrait être possible de jeter les bases solides d’un projet industriel pharmaceutique » – .

Le 22 décembre, la République populaire de Chine a annoncé qu’elle suspendait l’exportation de certains médicaments, comme l’ibuprofène. Elle entend ainsi répondre aux besoins de sa population, 1,4 milliard d’habitants face à un rebond de la pandémie de Covid-19. “C’est une situation désespérée et c’est chacun pour soi”a expliqué un responsable de la ville de Nanjing.

80 % de la production d’ingrédients pharmaceutiques actifs nécessaires aux médicaments que nous consommons sont produits en Chine et en Inde. Pourtant, nous savons ce qu’implique une telle dépendance. En décembre 2019, à cause du Covid-19, les usines chinoises ont dû fermer temporairement. En mars 2020, l’Inde avait fermé ses frontières aux exportations de certains médicaments. La conjonction de ces deux phénomènes, auxquels s’ajoutait l’explosion de la demande mondiale, avait provoqué des pénuries dans les hôpitaux parisiens. L’annonce chinoise du 22 décembre ressemble donc à une répétition du même mauvais scénario. Sommes-nous mieux préparés qu’il y a trois ans ? Ceci est douteux car l’action publique ne semble pas avoir pris en compte cette dépendance et l’évolution du contexte international.

A chaque nouvelle pénurie de médicaments, on en rappelle les causes structurelles, l’ultra-concentration des fabrications et l’inscription des produits de santé dans des logiques commerciales et financières. Nous montrons la nécessité d’une production locale de médicaments, au moins en partie publique, dans différents sites de production, et le recours à la production hospitalière, ainsi que la coordination de cette production avec les autres pays européens. S’il n’est certes pas possible d’improviser un plan industriel pharmaceutique en trois ans, il est néanmoins possible de poser des bases solides. D’autres pays le font, pourquoi pas la France ?

Travaux de base

Chaque fois que nous mettons en avant ces réformes structurelles pragmatiques, nous sommes confrontés à l’urgence de la situation qui épuiserait la plupart des ressources et des actions possibles. Cependant, les autorités compétentes doivent pouvoir mettre en place des réponses appropriées à court terme, et lancer des projets de fond permettant de prévenir, réduire et mieux anticiper les pénuries. De 132 ruptures ou tensions signalées en 2011, nous sommes passés à 2 446 en 2021. Pensons-nous que les seules mesures de gestion d’urgence, sans travail de fond pour endiguer cette explosion, sont efficaces et tenables, même à très court terme ? Et réalisons-nous à quel point il est dangereux de reporter des mesures indispensables à notre sécurité sanitaire au motif qu’elles seraient longues à mettre en place ?

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