les voix de la mémoire – .

les voix de la mémoire – .
les voix de la mémoire – .

CRITIQUE – Ce documentaire unique retrace l’une des campagnes décisives de la Seconde Guerre mondiale. Un film éclairé par la lecture des journaux intimes et des lettres des acteurs russes et allemands de cet affrontement dantesque. Une émission à ne pas manquer ce mardi 3 janvier à 20h55 sur Arte.

« Il était environ 4 heures de l’après-midi (…). A la radio on nous a dit que la menace d’une attaque aérienne était toujours d’actualité (…). Et soudain dans le ciel on entendit le rugissement de plusieurs avions et le bruit des rafales tirées par la défense aérienne.” Cet extrait du journal d’Oleg Trubatschow, un écolier de la ville de Stalingrad, est daté du 23 août 1942. Ce jour-là, des soldats de la Wehrmacht atteignent la banlieue nord de la ville située sur les rives de la Volga. Et les avions allemands commencent à bombarder la ville.

Un siège épouvantable

Ce texte écrit par un garçon de 12 ans, comme plusieurs autres extraits de lettres de soldats russes et allemands, est lu en voix off dans le riche documentaire allemand inédit intitulé Stalingrad, les voix de la mémoire. Ce film réalisé par Artem Demenok plonge, avec des images d’époque saisissantes, au cœur de l’enfer d’une bataille de longue haleine qui se soldera par une victoire soviétique. Un succès décisif arraché au terme d’une résistance épique, après un siège effroyable et plus de six mois d’affrontements.

Bien avant de parvenir à vaincre les troupes hitlériennes, les Russes sont confrontés à une bataille particulièrement mal engagée. Ainsi, au début de l’été 1942, la voix du speaker du JT allemand lance, enthousiaste : « La bataille de Stalingrad ! Dans la boucle du Don, les colonnes de renforts s’étendent à perte de vue. Notre infanterie parcourt jusqu’à 60 kilomètres par jour.Le rouleau compresseur allemand inquiète la partie soviétique. Un certain Nikita Khrouchtchev, alors membre du Politburo et du conseil militaire du front de Stalingrad, écrit :La situation aux portes de la ville se détériore, l’adversaire a l’avantage au niveau des forces engagées et cherche à tout prix à atteindre la Volga. Une fois le Don franchi, nous avons tout fait pour utiliser la puissante barrière que constituait le fleuve. Mais les Allemands étaient évidemment supérieurs en artillerie.»

“Mourir plutôt que d’abandonner le moindre lopin de terre”

La volonté farouche des Soviétiques de résister à tout prix est pourtant bien présente. Le 8 août, l’opérateur radio allemand Heinz Meier note dans son journal : «Nous avons intercepté un ordre secret de Staline ordonnant aux soldats russes de mourir au combat plutôt que de renoncer à un lopin de terre. C’est aussi un aveu des pertes considérables subies par les bolcheviks. Et, en effet, nous constatons que leurs combattants préféreraient être abattus plutôt que de se rendre..” La rage de combattre des Soviétiques est d’autant plus forte que le 28 juillet, Staline donne l’ordre d’exécuter immédiatement les défaitistes et les lâches.

Le 23 août, une fois l’assaut lancé sur Stalingrad par la sixième armée du général Paulus, et les premiers bombardements commencés, la résistance s’intensifie. Il est filmé pour remonter le moral de toute la nation. Ainsi apparaît à l’écran le secrétaire du bureau régional du parti, Alexeï Tchouïanov. Il est au téléphone avec le secrétaire général du parti : «Camarade Staline, votre ordre de combattre impitoyablement les lâches sera exécuté. Nous n’abandonnerons pas Stalingrad !»

Une promesse qui sera tenue début février 1943, au terme d’une bataille dantesque qui aura coûté la vie à 470 000 soldats soviétiques, 180 000 civils et 400 000 combattants allemands. Soit un total de plus d’un million de morts.

PREV le Conseil d’orientation des retraites (COR) vu de l’intérieur par les sénateurs – .
NEXT Dettes, mafia somalienne, rencontres en ligne… qu’est devenu le rugbyman Levi Davis ? – .