Des chercheurs identifient les neurones qui permettent de remarcher après un accident – .

Des chercheurs identifient les neurones qui permettent de remarcher après un accident – .
Des chercheurs identifient les neurones qui permettent de remarcher après un accident – .

De nouvelles avancées dans le traitement de la paralysie ! Des chercheurs ont identifié les neurones qui permettent de remarcher. Autrement dit, ceux qui se spécialisent dans la réparation de la moelle épinière après un accident.

Qu’est-ce qui a causé cette découverte ? Neuf patients paraplégiques ou tétraplégiques, victimes d’accidents sportifs ou de la route, qui ont réussi à retrouver une certaine mobilité après une stimulation électrique ciblée de leur moelle épinière.

« On place un implant dans le bas du dos dans la région de la moelle épinière qui contrôle les muscles des jambes, puis on envoie des impulsions électriques à l’aide d’un boîtier. C’est une technologie qui date de quelques années », explique Jocelyne Bloch, neurochirurgienne et neuroscientifique au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

L’un des patients, qui ne sentait plus ses jambes, peut désormais marcher deux à trois heures d’affilée. Qu’est-ce qui a poussé les scientifiques à rechercher les neurones responsables ? La récupération s’est poursuivie même lorsque la stimulation électrique s’est arrêtée. Cela signifie que les fibres nerveuses impliquées dans la marche ont repoussé et se sont réorganisées. Tout cela sans provoquer une explosion de l’activité neuronale, bien au contraire ! « Nous avons imaginé que cette récupération neurologique s’accompagnerait d’une augmentation de l’activité neuronale de la moelle épinière lombaire. Quelle surprise de voir qu’au contraire, les choses se calmaient », raconte Jocelyne Bloch.

Intrigués et déterminés à améliorer encore les traitements, Grégoire Courtine, neuroscientifique à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, et Jocelyne Bloch, ont décidé de chercher les raisons d’un tel calme tout en identifiant les neurones à l’origine de cette amélioration. Les résultats de leur étude ont été publiés en novembre 2022 dans la revue La nature.

Pour mener l’enquête, ils ont développé un outil précieux : un atlas précis de la moelle épinière chez la souris, où presque tous les neurones sont connus. Ainsi, les scientifiques, après une batterie de tests sur des rongeurs blessés, ont pu découvrir quel type de neurones s’activaient lorsque les souris reprenaient la marche : les Vsx2. « Après un accident, toutes les cellules commencent à s’exprimer en même temps dans un certain chaos. Puis, petit à petit, les Vsx2 se sont imposés comme chefs d’orchestre et ont fait taire les autres. Ceci explique le calme relatif de l’activité neuronale lors de la rééducation ». Fait intéressant ; ces neurones sont beaucoup moins impliqués dans la marche chez les individus sains. Ils sont pourtant indispensables à la récupération de la mobilité après un accident.

Pour confirmer cette découverte, les chercheurs ont utilisé une autre technologie : l’optogénétique. En modifiant génétiquement des neurones pour les rendre sensibles à certaines longueurs d’onde de la lumière, les scientifiques peuvent décider de les désactiver. Résultat : des souris blessées chez lesquelles Vxs2 a été désactivé ont cessé de marcher. Chez les rongeurs en bonne santé, la désactivation de Vsx2 n’a eu aucun effet.

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