Aux assises des Yvelines, une femme démembrée et un vieux séducteur dans la spirale du mensonge – .

Aux assises des Yvelines, une femme démembrée et un vieux séducteur dans la spirale du mensonge – .
Aux assises des Yvelines, une femme démembrée et un vieux séducteur dans la spirale du mensonge – .
La police intervient après la découverte des restes du corps calciné de la victime, alors non identifiée, à Vernouillet (Yvelines), le 1er septembre 2017. ARNAUD JOURNOIS / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

A Vernouillet (Yvelines), ce chemin caillouteux caché derrière la route départementale fait office de dépotoir à ciel ouvert. Des gravats, des pneus, des carcasses de véhicules s’entassent, il y a toutes sortes de détritus. Les os humains sont plus rares. Ainsi, le 31 août 2017, deux promeneurs se sont rendus au commissariat voisin pour signaler leur découverte : une cage thoracique, un crâne, un pied, un fémur, divers os de toutes tailles.

Un squelette carbonisé, point de départ d’une enquête hors norme pour la brigade criminelle de la police judiciaire de Versailles, qui trouvera rapidement plusieurs traces de coupures post mortem, notamment entre les vertèbres C3 et C4 : la tête a été volontairement séparée du tronc ; tout le corps a été démembré avant la crémation. Ces os sont ceux d’une femme, petite, de plus de 50 ans. L’ADN prélevé sur un fragment de fémur ne trouve aucune correspondance dans le fichier national automatisé d’empreintes génétiques (FNAEG). Le squelette reste anonyme : « Corps X, profil FNAEG 30000517000 ».

Le 16 octobre 2017, un petit homme inquiet pousse la porte du commissariat de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Philippe Marchand, 65 ans, vient de signaler la disparition de sa compagne, Anne-Marie Richy, 68 ans, qui n’était plus chez elle à son retour de l’hôpital où il était resté un mois pour une fracture du col du fémur.

Philippe Marchand, taxi parisien fraîchement retraité et jeune célibataire après trente-deux ans de vie conjugale. Anne-Marie Richy, ancienne RATP, trois fois mariée, deux fois veuve, une fois divorcée. Ces deux-là, portés sur les plaisirs de la chair, s’étaient rencontrés deux ans plus tôt par l’intermédiaire d’un ami commun lors d’un « soirée intime à caractère érotique ». Ils s’aimaient, et s’installèrent rapidement ensemble, mais l’idylle ne dura pas. Elle en voulait à cette autoproclamée “séducteur invétéré” faire des bêtises ailleurs. Il était bouleversé par les accès de jalousie brutaux de cette femme émotionnellement dépendante et par sa profonde dépression.

Ce 16 octobre 2017, Philippe Marchand montre aux enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) le dernier SMS reçu d’elle, au début du mois. Elle dit être chez un ami à Cambrai (Nord), s’excuse de ne pas être venue le voir à l’hôpital et d’être partie sans prévenir. Le 8 octobre, dans un ultime message, elle annonce son retour à Boulogne-Billancourt le soir même, un retour qui n’aura donc jamais lieu. La BRDP enquête à peine, les effectifs sont trop faibles, les dossiers trop nombreux. Celui-ci rejoint, au sous-sol, les milliers d’autres disparitions inexpliquées classées comme “vaines recherches”.

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