le suicide d’un employé municipal suscite un tollé – .

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le suicide d’un employé municipal suscite un tollé – .

l’essentiel
Le chef du service maintenance d’une école de Fonsorbes s’est suicidé. Ce drame survient après que 19 employés de la mairie avaient dénoncé de graves dysfonctionnements au sein des services municipaux de cette petite commune de l’ouest toulousain.

Magali, employée municipale de Fonsorbes, a mis fin à ses jours à l’aube, quelques minutes avant de se rendre au travail. C’était lundi. Prévenu par la police, Pierrick, son fils aîné, s’est rendu à son domicile quelques heures plus tard. Il raconte ce qu’il a vu : « Tout était en ordre. Le frigo était plein. Il y avait des melons qu’elle avait achetés la veille. Sur le bar se trouvait un cadeau qu’elle devait offrir à sa tante dans les prochains jours. Une demi-heure avant de se suicider, elle avait eu un collègue au téléphone. Elle lui avait dit qu’ils se verraient dans l’après-midi. Le médecin qui est venu constater le décès m’a expliqué ce qui pouvait se passer dans la tête de ma mère. Elle avait comme un trou noir. Son cerveau s’est déconnecté. Avant de partir travailler, elle a eu une terrible montée d’anxiété. Le résultat de toutes ces années de harcèlement. »
Cette idée a pris un peu plus de profondeur, lorsque le jeune homme a découvert dans les affaires de sa mère, un carnet que Magali tenait comme un journal mais uniquement à des fins professionnelles. « Elle a commencé à écrire à ce sujet en 2020 lorsqu’elle a été nommée chef du service maintenance du groupe scolaire Trépade. Elle décrit son quotidien. Le nom de celui qui la harcelait revenait sans cesse. Nous pouvons lire sur les brimades qu’elle a subies régulièrement. Il y a un extrait qui montre dans quel état de détresse elle se trouvait. Elle avait écrit qu’elle avait vomi avant d’aller travailler, que personne n’écoutait sa souffrance. »

“Elle avait osé lui dire que si elle avait eu un enfant gay, elle aurait merdé !”

Magali n’était pas du genre à s’épancher, encore moins avec sa famille. Elle avait tout de même fait quelques confidences avec Dorian, son fils cadet. « Je suis homosexuel et cela n’a pas du tout plu à son supérieur. Elle avait osé lui dire que si elle avait eu un enfant gay, elle aurait merdé ! »
Les enfants de Magali vont porter plainte dans les prochains jours pour que « les responsables de la mort de leur mère soient punis ». Ce drame se déroule dans un contexte pour le moins explosif.
En février, 19 employés de la mairie ont écrit aux élus pour dénoncer les agissements de cet exécutif. « Des comportements inappropriés nous ont été signalés. Nous avons pris des mesures immédiatement. Nous lui avons demandé de démissionner, ce qu’elle a fait. Depuis, elle est en arrêt maladie. Elle a été affectée à un autre service sans personne sous sa responsabilité », raconte Françoise Siméon, la maire de Fonsorbes.

L’élu est très affecté par la mort de Magali. D’autant qu’elle estime que le drame aurait pu être évité : « Le mardi précédant son suicide, le mari de la cadre que nous avions licencié a commis un acte grave. Cet homme, également employé municipal, a fait semblant de se précipiter vers Magali avec sa voiture de fonction dans la cour du bâtiment des services techniques. Il a été immédiatement suspendu et j’ai immédiatement informé la gendarmerie de ses agissements. Si j’avais été au courant de cet incident bien avant, nous aurions peut-être pu la protéger et empêcher cette tragédie. Le problème c’est qu’il y avait comme une chape de plomb. J’avais beau dire que ma porte était toujours ouverte aux employés, personne n’osait parler. »
Une cellule psychologique a été mise en place au lendemain du drame. « Tous les agents du service maintenance ont pu voir un psy. Il reste à leur disposition. Il voulait rencontrer tous les responsables de service pour faire le point sur la situation », a précisé le maire.

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