“Ce documentaire aura peut-être l’effet salutaire de libérer la parole” – .

“Ce documentaire aura peut-être l’effet salutaire de libérer la parole” – .
“Ce documentaire aura peut-être l’effet salutaire de libérer la parole” – .
Une femme médite dans une salle du Centre bouddhiste tibétain Kagyu-Dzong près de la Grande Pagode du Bois de Vincennes à Paris le 29 mai 2015. FRANCOIS GUILLOT / AFP

« Exploitation des travailleurs, abus sexuels, enfant otage… » Un tel lexique semble bien éloigné de l’enseignement du Bouddha. C’est pour de telles raisons que le Belge Robert Spatz, également appelé Lama Kunzang Dorje, fondateur du premier centre bouddhiste tibétain en France et en Europe, a été condamné à cinq ans de prison avec sursis en 2020 par la justice belge. Son histoire est au coeur du documentaire Bouddhisme, la loi du silencediffusé ce mardi soir sur Arte (et déjà disponible en ligne).

Lire aussi : “Le bouddhisme, la loi du silence”, sur Arte : retour en arrière sur la philosophie véhiculée par le Dalaï Lama

L’enquête, menée par les journalistes Elodie Emery et Wandrille Lanos, revient également sur les exactions commises au sein de certains centres du réseau Rigpa, fondé par le lama tibétain Sogyal Rinpoché (1947-2019), et dénonce le silence des autorités bouddhistes tibétaines. longtemps restés muets sur ces sujets. Un tel documentaire peut-il aider à libérer la voix des victimes potentielles au sein du bouddhisme ? Entretien avec Antony Boussemart, co-président de l’Union bouddhiste de France (UBF).

Qu’avez-vous pensé du documentaire ?

La diffusion de ce documentaire est une excellente nouvelle. Il est essentiel pour les victimes que leur voix soit entendue. Ce documentaire aura peut-être l’effet salutaire de libérer la parole. Si d’autres cas existent ailleurs, j’espère que cela incitera les victimes à porter plainte, et que cela incitera la police à enregistrer leur plainte. Cette enquête est donc la bienvenue de ce point de vue, j’espère qu’elle pourra servir d’aiguillon pour donner du courage à d’éventuelles victimes qui ne se sont pas encore manifestées.

Par contre, ce qui me dérange dans ce documentaire, c’est qu’il parle du « système ». Je trouve cela très dangereux, car cela laisse entendre que, derrière les quelques cas évoqués, il y a une organisation machiavélique, ce qui n’est évidemment pas le cas. Ce n’est pas parce qu’il y a des abus dans un club de natation ou de patinage artistique qu’il faut jeter l’opprobre sur toutes ces disciplines.

Le documentaire parle aussi de « dogmes », mais il n’y a pas de dogmes dans le bouddhisme. Je suis toujours un peu gêné quand on parle de « bouddhisme » : cela donne l’impression que c’est une entité monolithique. Il serait plus juste de parler de “l’enseignement du Bouddha”. Même s’il existe un socle commun, l’enseignement tel qu’il est mis en pratique dans les pays d’Asie du Sud-Est est différent de celui du Tibet ou du Japon, par exemple.

Les faits rapportés par le documentaire se sont déroulés au sein de communautés se revendiquant du bouddhisme tibétain. Comment interprétez-vous le silence des autorités de ce courant sur des cas comme celui de Robert Spatz ?

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